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Le Kyste pilonidal

Le kyste ou sinus pilonidal  est un kyste localisé le plus souvent au niveau du sillon interfessier. Il se présente sous la forme d’une cavité formant une poche sous cutanée qui peut éventuellement s’infecter et alors s’écouler par un canal (dénommé fistule) situé dans la peau.

kyste pilonidal

Emplacement du kyste pilonidal

Du fait de sa localisation, ce kyste peut également être appelé kyste sacro-coccygien.

L’adjectif « pilonidal » vient du latin, pour « pilus » poil et « nidus » nid.

Décrit pour la première fois en 1933 par Herbet Mayo [1], la théorie actuelle sur la formation de ce kyste est celle d’une étiologie acquise : selon George Karydakis, ayant mené une étude sur plus de 6000 patients, ce serait les poils détachés qui « s’empaleraient » dans le tissus fessier normal et entraineraient la formation de canaux secondaires permettant l’entrée d’autres poils.

A cause des canaux, l’entrée d’autres poils et de possibles agents infectieux, dont la présence pourrait être expliquée par la proximité de la région anale, peuvent entrainer une inflammation du kyste en abcès.

Cette inflammation peut être douloureuse et présenter une écoulement de pus (liquide blanchâtre et malodorant) et de sang.

Qui est concerné ?

Les hommes entre 15 et 35 ans sont la catégorie de populations la plus touchée par les kystes pilonidaux

En Angleterre, entre 2000 et 2001, il y a eu 11 534 cas de kyste pilonidal, dont 72% d’hommes. [3]

Cela fait donc du kyste pilonidal une maladie très répandue, avec des facteurs de risques possibles plus important comme un historique familial, l’obésité, le long maintien d’une position assise, ou bien encore la pilosité.[4][5]

Pendant la seconde guerre mondiale, 77 637 cas de kystes pilonidaux ont été répertoriés dans l’armée américaine. [6] Parmis eux, une grande majorité d’utilisateur de Jeep, véhicule à la suspension réduite. Cela entrainait des frottements et irritations plus importants au niveau du coccyx,ce qui a donné comme nom à cette maladie « Jeep rider’s disease »

Le traitement

Dans la plupart des cas, le traitement recommandé est l’excision chirurgicale du kyste.

En effet, les antibiotiques n’ont que très peu d’effets sur le kyste. Ils ne peuvent pas y pénétrer à car le kyste dispose de sa propre membrane et forme donc une poche close.

Trois types d’interventions chirurgicales se distinguent

  • L’incision en urgence sous anesthésie locale. En cas d’abcès, elle permet de soulager rapidement la douleur en évacuant le pus accumulé à l’aide d’un drain. Mais cette intervention ne garantit pas une disparition du kyste avec une récidive dans 40 à 60% des cas.
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Les deux types d’opérations suivantes seront planifiées avec votre chirurgien

  • L’excision et la fermeture primaire de la plaie. Le kyste et les canaux (fistules)  qui en partent sont retirés, ainsi qu’une zone de tissus sain périphérique afin de limiter les risques de récidive. La plaie est ensuite fermée à la fin de l’intervention par des points de suture, soit le long du pli interfessier, mais cela présente un risque de récidive plus important. Soit elle est fermée de façon adjacente au pli interfessier (Limberg flap ou Karydakis) avec un risque de récidive moins important.[7] Cependant si la plaie s’infecte, il faudra réouvrir et passer la cicatrisation dirigée. Le temps de cicatrisation est d’une quinzaine de jours. De plus le résultat esthétique est mitigé avec une cicatrice en zig-zag et une possible déformation de la symétrie du fessier.
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  • L’excision et la cicatrisation dirigée. Le kyste et les canaux (fistules)  qui en partent sont retirés, ainsi qu’une zone de tissus sain périphérique afin de limiter les risques de récidive. La plaie est laissée ouverte et doit être assez large pour permettre l’insertion de pansements facilitant sa fermeture. Le risque de récidive est le moins élevé des trois techniques mais le temps de guérison est significativement plus long, avec une moyenne à 2 mois.
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Enfin il existe d’autres techniques moins répandues à ce jour en France, comme la cicatrisation d’une plaie laissée ouverte avec une pompe à vide [8]. Il existe une nouvelle technique à base de colle de fibrine [9], beaucoup moins invasive, mais trop récente et peu répandue pour avoir données sur les risques de récidive à long terme.

Cicatrisation de la plaie

Comment ça marche ? Est ce que c’est long ? Ce qu’il faut savoir sur la cicatrisation

La cicatrisation se déroule en quatre étapes

  • La phase inflammatoire. Premièrement la coagulation va se mettre en place au niveau de la plaie avec la formation de fibrine, une protéine fabriquée par le foie qui forme un « bouchon » pour arrêter le saignement. Viennent ensuite les cellules inflammatoires, des granulocytes, une catégorie de « globules blancs » qui vont venir éliminer les microbes présents dans la plaie. Puis à l’aide d’autres cellules des « globules blancs » comme les monocytes et les macrophages, il va y avoir une élimination des tissus nécrotiques, production de fibroblastes, cellules du derme qui commencent la reconstruction de la plaie. Eventuellement, grâce à la sécrétion d’autres molécules, la fin de la phase inflammatoire approche.
  • La phase de détersion. A l’aide de pansements humides, et du nettoyage de la plaie, le but est de favoriser l’élimination de la fibrine et des derniers tissus nécrosés afin de continuer la reconstruction de la plaie. C’est aussi à cette phase que les exsudats, des molécules qui peuvent freiner la cicatrisation sont sécrétées.
  • Le bourgeonnement. Les fibroblastes aidés par d’autres cellules du tissus conjonctif (tissus de soutien qui viendra combler la plaie) vont permettre la formation de tissus conjonctif jeune très irrigué en sang (donc très rouge) couche par couche jusqu’à attendre les berges (rebords) de la plaie. Au fur et à mesure, ce tissus conjonctif va s’appauvrir en cellules inflammatoires qui étaient toujours présentent dans la peau, et s’enrichir en collagène et en vaisseaux pour retrouver une consistance tissulaire normale.
  • L’épithélisation. Enfin, la fin de la cicatrisation avec la fermeture de la plaie par la recolonisation des cellules de la peau en partant des berges de la plaie vers son centre. Bien que la plaie se soit refermée, le remodelage de la zone peut durer de 6 à 9 mois pour retrouver son aspect d’origine.

Les soins infirmiers

Pour vous accompagner lors de la cicatrisation, le chirurgien vous fera une ordonnance pour des soins infirmiers à domicile quotidien.

Pour trouver un infirmier, demandez à votre pharmacien ou à votre médecin traitant, il devrait vous fournir une liste des infirmiers du quartier.

En ce qui concerne les soins, il s’agira de mécher la plaie, c’est à dire y insérer des pansements absorbants à base d’alginate comme l’Algostréril® , l’Urgosorb®, ou bien encore Comfeel Seasorb®. Il y aussi les pansements de type hydrofibres comme Aquacel®.

Ces pansements vont aider, notamment lors de phase de détersion, à éliminer la fibrine, les exsudats et les restes de tissus nécrosés.

Par dessus sera appliqué un autre pansement « étanche » , de type Allevyn®, ou Tielle®,  afin de diminuer les risques de contamination extérieurs.

A la fin de la cicatrisation, lorsque la phase de bourgeonnement sera terminée, le méchage sera plus limité.

Enfin, il est a noter que d’autres méthodes alternatives utilisent miel . Elles ne sont quasiment pas encore utilisée dans un cadre médical classique, mais tendent à se développer et montrent de bons résultats.[10][11]

Miel pour plaies de kyste pilonidal

Miel pour application sur plaies

La douleur

Est-ce que ça sera douloureux ? Comment la supporter ?

Au quotidien, certains gestes simples peuvent devenir plus compliqués : s’assoir et dormir sur le dos par exemple, peuvent être plus douloureux, et peuvent limiter la cicatrisation dans certains cas.

Afin d’y remédier, une plan de contrôle de la douleur doit être établit par votre chirurgien, à base analgésique de différents types : Doliprane®, Efferalgan® (paracétamol), ou bien encore Tramadol®. Attention cependant au risque d’addiction avec le Tramadol ®. [12]

Le retour à la vie quotidienne

Enfin, certains accessoires peuvent vous faciliter la vie au quotidien comme des coussins spéciaux, qui vont limiter les appuis au niveau du coccyx et vous permettre de vous assoir à nouveau sans douleur.

Coussin pour kyste pilonidal

Coussin pour kyste pilonidal

 

Personnellement, j’avais utilisé celui ci qui m’a bien servi ! Grâce à lui, j’ai pu reprendre mon activité très vite, et je pouvais rester assis pendant presque « normalement » sans devoir passer des journées entières alité !

De même, afin de faciliter la détersion, une douche à pommeau est vivement conseillée pour accéder à la plaie afin de la nettoyer lors de la détersion en particulier.

Pommeau de douche

Pommeau de douche

Le sport est déconseillé au début, mais selon le cas, la fin de l’arrêt maladie peut se faire en deux semaines.

A voir aussi

Une review en anglais sur le kyste pilonidal : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3140333/#r24046-12

Un article en français qui résume la prise en charge du kyste pilonidal : https://www.oiiq.org/sites/default/files/uploads/periodiques/Perspective/vol11no2/10-soins-de-plaies.pdf

Références

[1] Mayo O H. Observations on Injuries and Diseases of the Rectum. London: Burgess and Hill; 1833.

[2] Karydakis G E. New approach to the problem of pilonidal sinus. Lancet. 1973;2(7843):1414–1415.

[3] Chintapatla, S., Safarani, N., Kumar, S., & Haboubi, N. (2003). Sacrococcygeal pilonidal sinus: historical review, pathological insight and surgical options.Techniques in coloproctology, 7(1), 3-8.

[4] Akıncı, Ö. F., Bozer, M., Uzunköy, A., Düzgün, Ş. A., & Coşkun, A. (1999). Incidence and aetiological factors in pilonidal sinus among Turkish soldiers.European Journal of Surgery, 165(4), 339-342.

[5] da Silva, J. H. (2000). Pilonidal cyst. Diseases of the colon & rectum, 43(8), 1146-1156.

[6] HARDAWAY, R. M. (1958). Pilonidal cyst—neither pilonidal nor cyst. AMA archives of surgery, 76(1), 143-147.

[7] McCallum, I. J., King, P. M., & Bruce, J. (2008). Healing by primary closure versus open healing after surgery for pilonidal sinus: systematic review and meta-analysis. bmj, 336(7649), 868-871.

[8] McGuinness, J. G., Winter, D. C., & O’Connell, P. R. (2003). Vacuum-assisted closure of a complex pilonidal sinus. Diseases of the colon & rectum, 46(2), 274-276.

[9] Isik, A., Eryılmaz, R., Okan, I., Dasiran, F., Firat, D., Idiz, O., & Sahin, M. (2014). The use of fibrin glue without surgery in the treatment of pilonidal sinus disease. International Journal of Clinical and Experimental Medicine, 7(4), 1047–1051.

[10] Efem, S. E. E. (1988). Clinical observations on the wound healing properties of honey. British journal of Surgery, 75(7), 679-681.

[11] Molan, P. C. (2006). The evidence supporting the use of honey as a wound dressing. The International Journal of Lower Extremity Wounds, 5(1), 40-54.

[12] McDiarmid, T., & Mackler, L. (2005). What is the addiction risk associated with tramadol?. Clinical Inquiries, 2005 (MU).

Cette page a été écrite par un patient guéri, qui n'est ni médecin, ni chirurgien, mais concerné par sa maladie.

2 commentaires

  1. Clau T. dit :

    Merci pour ces conseils. Je n’avais jamais entendu parler de ça Jusqu’à il y a 2 jours ou à cause de la douleur je suis allé aux urgences. Ça fait un mal de chien quand on s’assoit mais avec les antibiotiques ça commence à aller mieux. Merci pour tes explications je me suis fait une idée de ce que ça représente ce que j’ai. Merci

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